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9 (2012)

9

(2012 – Dessous de Scène)

 

Tracklisting

01.Le couchant
02.Les grandes marées
03.Jouvence
04.Margot
05.Mark-Mark
06.Marinette
07.Les abysses
08.En partance
09.Les chevauchées

Crédits

Ecrit et composé par Xavier Plumas sauf 4 (Malicorne)
Arrangements : Tue-Loup

Xavier Plumas : guitares, voix, percussions
Thierry Plouze : guitares
Eric Doboka : basse
Thomas Fiancette : batterie, percussions, flûtes, clariflûte
Christian d’Asfeld : claviers, piano
Romain Allanot : batterie, percussions

Marlène Etienne : voix (2, 9)
Jean-Pierre Derouard : trompette (5, 7)
Magalie Fiancette : flûte (9)

Prise de son, mixage, mastering : Jean-François Chauffour
Produit par Tue-Loup et Jeff Chauffour
Production – Editions : Dessous de Scène
Distribution : Socadisc

Peintures : Philippe Berthommier

Paroles

1. Le couchant

Des vapeurs d’oiseaux s’élèvent
Au-dessus des cimes assombries
Turquoise repeinte du couchant
Viens descends mon ange de nuit
L’énorme brasier l’horizon
Qui répand son huile orangée
Puis qui se noie se dilue
Et sombre, le couchant

2. Les grandes marées

En pauvre cœur de terrien
Je marchais jusqu’à sa maison
Mais Nag Champa n’y peut rien
Aucun parfum d’oraison
Est-ce la morte saison
Qui nourrit tant de fatigue
Et qui garde en son giron
La sève manquante à l’échine

En pauvre chasseur alpin
Je grimpais jusqu’à son abri
Mais gelé dans son écrin
Le cœur tourne au ralenti
Est-ce blizzard féroce
Qui emporte dans sa gigue
Le magnifique carrosse
Jeté au fond de l’abîme

En pauvre cœur de marin
Je nageais jusqu’à son rocher
Mais flétrie la peau des mains
Je ne pouvais caresser
Est-ce la grande marée
Par la lune qui endigue
L’indispensable coulée
D’amour sur le champ de ruine

3. Jouvence

Vous partiez muscler
Votre joli poitrail
A mes yeux cependant
Absolument sans faille
Goûtant déjà la sueur
Faite fi de votre âge
De quoi auriez-vous peur
C’est moi qui suis en nage
A travailler ainsi
Ce maintient la souplesse
En ce corps enhardi
Se pliant d’allégresse
A vous rêver parer
Du plus simple attirail
Mes yeux brûlent devant
Tant de reflets de paille
Dans l’humide chaleur
Montant de vos rivages
De quoi aurions-nous peur
Munis de ce bagage
Car à jouir ainsi
D’éternelle jeunesse
Vous défiez mon amie
Eros et ses déesses

4. Margot

Dans mon chemin j’ai rencontré
Une pie grièche
Tout au bout d’un bâton plantée
Des clous dedans la tête
Avec de par devant
Des petits enfants
Monsieur le curé derrière
Qui disait ses prières

Margot, Margot
Noire comme le charbon
Blanche comme le coton
Margot

5. Mark Mark

(instrumental)

6. Marinette

Des cordes qu’il tombait
Marinette ne voulait
Le chanvre à son cou
Ce n’était pas à son goût
Et dans la cour le noyer
Encore adolescent
N’aurait pas supporté
Un poids si conséquent
Du fusil qui dormait
Près de son mari fourbu
Marinette ne voulait
Quand il avait trop bu
Et dans la cour alertés
Par un tel boucan
N’auraient pas supporté
Les voisins bienveillants

A la pousse des feuilles
Les funestes humeurs
C’est la morte printemps
C’est la morte printemps

Mais de l’eau qui dormait
Marinette a bien voulu
Comme la lune montait
Enorme coulait son cul
Et de la mare en silence
Le niveau monte pour de bon
Pour tirer sa révérence
Marinette choisit les poissons

A la pousse des feuilles
Les funestes humeurs
C’est la morte printemps
C’est la morte printemps

7. Les abysses

Si je pose du rouge à mes lèvres
Et si de crème j’enduis ma peau
Pousse à mes reins la chevelure
Et si je portais tes parfums
Saurais-tu ma belle saurais-tu
Verser de l’eau dans ton vin
Si je creuse un peu ma cambrure
A sentir sur moi l’avidité
En rondeur accroche les regards
Et si j’adoptais tes humeurs
Saurais-tu ma belle saurais-tu
Laisser dormir ton ardeur
Si je perds soudain les pédales
Là dans tes plongées abyssales
Si j’abats toute la voilure
Pour sombrer jusqu’au fond du lac
Sauras-tu ma belle sauras-tu
M’attendre à la surface

8. En partance

Il faut sortir en silence
Sans faire crisser le gravier
Alléger le pied pour être
Au secret en partance
Et dans l’aube inachevée
L’effraie me tire sa révérence
Et tranche l’obscurité
Un dernier trait de lame blanche

Pour s’extraire de la roche
Le corps lisse et véloce
Et la gueule défardée
Saura-t-elle nous alléger
Par les ongles qui s’accrochent
Du cœur puise sa force

De ton miroir les alouettes
Désertent enfin les lieux
On en a fait du pâté
Comme savent le faire les vieux
Car l’enfer aux mille layettes
Nous y sommes de plain pied
C’est nous soumettre à la question
Que tous ces cris de nourrisson

Pour s’extraire de la roche
Le corps lisse et véloce
Et la gueule défardée
Saura-t-elle nous alléger
Par les ongles qui s’accrochent
Du cœur puise sa force

Dans mon dos tombe la clenche
Sur ma famille endormie
De ce doux repos des sens
Je ne fais plus partie
Car il faut sourire ébloui
Au nouveau jour qui s’avance
De ce tombeau cramoisi
Au secret être en partance

Pour s’extraire de la roche
Le corps lisse et véloce
Et la gueule défardée
Saura-t-elle nous alléger
Par les ongles qui s’accrochent
Du cœur puise sa force

9. Les chevauchées

Holà brume fraiche au matin
Partout s’élève du vallon
Avant les giclées de lumière
Tombent les nouvelles au charbon
Mais par dessous la chevelure
Toute de sommeil ébouriffée
Du chaos du monde qui tonne
Elle s’échappe en vapeur de thé

A quoi bon se faire du souci
Quand en début d’après-midi
Vont nos chevauchées fantastiques
A quoi bon se faire du mouron
Quand en guise de digestion
Vont nos chevauchées diaboliques

A peine sorti du fourré
Il faudrait plier baluchon
Se tenir sur les pattes arrière
Et rejoindre les fanfarons
Mais le nez dans les éclaboussures
De parfums sauvages enivré
C’est la belle mort que j’éperonne
Dans cette gorge inondée

A quoi bon se faire du souci
Quand en début d’après-midi
Vont nos chevauchées fantastiques
A quoi bon se faire du mouron
Quand en guise de digestion
Vont nos chevauchées diaboliques